L'hébergement de coraux implique des paramètres d'eau quasi irréprochables. Ainsi, si pour les bacs fish only, on peut mesurer des taux de nitrates de plus de 200 mg/litre sans que cela ne soit un problème, l'environnement corallien naturel affiche un taux de nitrates de 5 mg/l au plus. Ceci a 2 conséquences immédiates :
- les gros poissons, pollueurs, sont à proscrire du bac récifal.
- le système de filtration est différent d'un bac FO, et doit être correctement dimensionné.
Pour arriver à ce but, le cycle de l'azote va etre bouclé. A la différence des bacs fish only, qui dégradent les déchets en ammonium -> nitrites -> nitrates grâce à des filtres aérobies, la réaction ne s'arrête pas la dans les bacs récifaux, et les nitrates ne s'accumulent pas dans le système : ils sont pris en charge par une population de bactéries hébergées au sein des pierres vivantes, qui convertie les nitrates (NO3) en azote gazeux (N2) qui s'échappe du système.
conséquence : les changements d'eau sont quasi absents de l'entretien de l'aquarium récifal, et le taux de nitrates reste aux alentours de zéro mg/l. Mais il est très utile d'effectuer 10% de changement d'eau par semaine afin de compenser l'absorsions des oligoéléments et autres.
Ceci est obtenu grâce à deux moyens :
- un écumeur : c'est un espace confiné où l'on mélange sous pression l'eau du bac et de l'air sous forme de fines bulles. Un grand nombre de molécules tensio actives (une tête hydrophile, une queue hydrophobe) sont piégées par les bulles qui remontent et sont extraites dans une coupelle. Elles sont retirés du système avant de se transformer en nitrates.
- des pierres vivantes : ce sont des blocs de roches prélevés dans le récif, qui sont en fait composés de coraux morts, de boues agglomérés, compressés. Elles possèdent la structure poreuse idéale pour abriter les colonies de bactéries qui nous intéresse pour la dénitratation.
2 méthodes de maintenance des invertébrés ont été mise au point :
- la méthode berlinoise (90% des bacs récifaux), qui se base sur 4 piliers (éclairage, brassage, pierres vivantes, écumage)
- la méthode Jaubert, qui se base sur l'éclairage, le brassage modéré, l'absence d'écumeur, mais la présence d'une couche de sable épaisse (10 cm) placé au dessus d'un espace vide d'eau confiné (le plénum). La couche de sable, par création d'un gradient d'oxygène en particulier, abrite des réactions chimiques qui aboutissent à la dénitratation de l'eau